Lobbying et communication : un bon mélange ?

Ludovic Espitallier-Noël, dirigeant du cabinet "Influences et Réputation" a offert au CBC 35 une ouverture sur le lobbying et la communication lors d'une conférence. Truffée d'exemples concrets, elle s'est tenue le 20 novembre au conseil régional des notaires de la cour d'appel de Rennes.
Voici une synthèse rédigée par le lobbyiste.

La communication existe depuis des siècles et a connu un très grand nombre d’évolutions en matière d’objectifs, de formes, de canaux, de cibles, de gestion du temps, etc. Aujourd’hui, elle est de plus en plus diverse : interne, auprès des futurs diplômés, auprès des donateurs et bénévoles, auprès des investisseurs, avec les concurrents dans une structure professionnelle, avec les partenaires, etc.

Mais bien souvent, un autre aspect est oublié par les entreprises (de la TPE à l’ETI (établissement de taille intermédiaire) en passant par la PME ou le grand groupe) et par les associations : la communication avec les pouvoirs publics. Or, ces derniers ne cessent de façonner l’environnement législatif et réglementaire dans lequel nous évoluons tous ! Comment ignorer que la France connait en moyenne plus d’une nouvelle loi par semaine et plus d’un nouveau texte législatif européen tous les deux jours ? Comment ignorer que ces législations et réglementations sont de plus en plus croisées ? L’impact sur les acteurs économiques et sociaux est colossal, tant de façon positive que négative.

Pourtant, ce type de communication avec les élus et les administrations, également connu sous le terme de lobbying, existe lui-aussi depuis des siècles (les hanses, les guildes, les corporations, etc.). Activité ne se trouvant que dans les sociétés démocratiques, elle consiste à entrer en relation avec les pouvoirs publics afin de contribuer aux réflexions et d’apporter une expertise, un point de vue. L’objectif est soit de défendre ses intérêts, soit de les promouvoir. Tout le monde peut faire du lobbying : les entreprises, les associations de parents d’élèves, les associations environnementales, les ONG… et parfois les acteurs publics eux-mêmes ! Dès lors que cette activité est transparente et sur des bases saines, elle est essentielle au bon fonctionnement de notre démocratie : chacun doit être en mesure d’exprimer, de promouvoir et de défendre ses intérêts. Et associer communication classique et lobbying est alors un excellent mélange !

Communiquer sans prendre en compte ceux qui nous régulent, ou qui régulent nos partenaires, nos investisseurs, nos concurrents, nos futurs salariés, est-ce vraiment communiquer efficacement ? Communiquer sans entrer en relations avec les élus et les administrations, est-ce vraiment bien protéger notre chiffre d’affaires ou celui de nos clients ?

Ludovic Espitalier-Noël
www.influences-reputation.bzh